Métier et statut

E-commerce et facturation électronique

Un site e-commerce doit qualifier chaque commande selon le client, le pays, le lieu de départ des biens et le rôle éventuel d’une marketplace. Une vente B2B française, une vente B2C en France, une vente à distance dans l’Union européenne et une exportation ne suivent pas automatiquement le même circuit.

Transmission des données de e-reporting pour les ventes en ligne aux particuliers

Quel circuit pour chaque commande e-commerce ?

Le pays indiqué dans l’adresse de livraison ne suffit pas toujours. Il faut aussi connaître le statut du client, l’établissement des parties, le lieu de départ du bien, la nature de l’opération et le traitement TVA retenu.

Cette matrice sert de point de départ. Les ventes transfrontières, le dropshipping et les marketplaces demandent une validation fiscale adaptée au montage réel.

Circuit à préparer selon le type de commande d’un site e-commerce
FluxCircuit à préparerDonnées à contrôler
Client professionnel établi en FranceFacture électronique B2B si les parties et l’opération entrent dans le champ.Raison sociale, SIREN, adresse de facturation, livraison et catégorie d’opération.
Particulier en FranceVente B2C avec e-reporting de transaction lorsqu’elle est concernée.Date, nombre de transactions, montants HT et TVA ventilés par taux applicable.
Particulier dans un autre pays de l’UEVente à distance à qualifier avec les règles TVA et, selon le cas, OSS.Pays de consommation, lieu de départ, taux appliqué et déclaration utilisée.
Client professionnel ou particulier hors de FranceFlux hors e-invoicing domestique ; e-reporting à déterminer selon l’opération.Pays, statut du client, identifiant fiscal disponible, devise et territorialité TVA.
Vente via marketplaceResponsabilité à identifier selon le contrat et le rôle fiscal de l’interface.Vendeur juridique, encaisseur, facturation au client, commission et éventuel fournisseur présumé.
Facture d’un fournisseurRéception par une plateforme agréée dès le 1er septembre 2026.Commande d’achat, réception, facture, frais annexes et paiement.

E-reporting e-commerce pour les ventes B2C

Pour les opérations avec des particuliers concernées, la DGFiP attend des données de transaction agrégées par jour. Elles comprennent notamment le nombre de transactions et les montants hors taxe et de TVA répartis selon les catégories et taux applicables. L’agrégat B2C ne contient pas le nom du client.

La boutique doit donc transformer commandes, remises, frais de livraison, annulations et remboursements en données quotidiennes cohérentes. La transmission passe par une plateforme agréée, directement ou via une solution compatible raccordée.

OSS et IOSS ne remplacent pas le e-reporting

Le guichet unique TVA OSS/IOSS est un dispositif européen de déclaration et de paiement de la TVA pour certaines ventes à distance et prestations B2C. La réforme française organise, elle, la circulation des factures B2B domestiques et la transmission de données de transaction ou de paiement.

Une boutique peut donc être concernée simultanément par OSS ou IOSS et par le e-reporting. L’inscription au guichet unique ne doit pas conduire à supprimer un flux de la réforme sans avoir vérifié les règles applicables à l’entreprise et à l’opération.

  • OSS : certaines ventes à distance intracommunautaires et prestations B2C dans l’UE.
  • IOSS : certaines ventes à distance de biens importés dans l’UE.
  • E-reporting : données des opérations hors circuit B2B domestique lorsqu’elles sont concernées.
  • Faire correspondre déclaration TVA, e-reporting et comptabilité sans double déclaration incohérente.

Marketplace : identifier qui vend et qui déclare

Une marketplace peut être simple intermédiaire, encaisser pour le compte du vendeur ou être réputée fournisseur dans certains cas prévus par les règles de TVA du commerce électronique. Le commerçant ne doit pas déduire la responsabilité de facturation du seul fait que la plateforme collecte le paiement.

Avant le paramétrage, il faut lire le contrat, les factures de commission et les documents remis au client. Le chiffre d’affaires du vendeur, les commissions, les remboursements et les montants reversés doivent rester réconciliables.

  • Identifier le vendeur juridique de chaque commande.
  • Vérifier si l’interface agit comme fournisseur présumé pour le flux concerné.
  • Séparer prix payé par le client, commission, frais et montant reversé.
  • Déterminer qui produit la facture ou les données de e-reporting.
  • Conserver un export permettant le rapprochement commande par commande.

Retours, remboursements et avoirs

Un remboursement bancaire ne corrige pas à lui seul la facture ni les données déjà produites. Le système doit relier commande initiale, retour de marchandise, avoir ou correction, remboursement et nouvelle transmission éventuelle.

Le risque augmente avec les remboursements partiels, frais de port non remboursés, échanges, gestes commerciaux et litiges de paiement. Chaque événement doit être daté et rapproché du bon flux sans effacer l’historique.

  • Créer l’avoir ou la correction correspondant au document initial.
  • Distinguer retour total, retour partiel, échange et geste commercial.
  • Rapprocher remboursement du prestataire de paiement et écriture comptable.
  • Corriger les agrégats ou transmissions selon la procédure applicable.
  • Conserver la trace du document et des statuts antérieurs.

Calendrier et chaîne technique à préparer

Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques le 1er septembre 2026. Les grandes entreprises et ETI doivent aussi émettre et transmettre leur e-reporting à cette date ; les PME, TPE et microentreprises disposent jusqu’au 1er septembre 2027 pour ces obligations d’émission et de e-reporting.

Une boutique utilise souvent plusieurs outils : site marchand, marketplace, paiement, gestion des stocks, facturation, plateforme agréée et comptabilité. La préparation doit préciser quel système détient la donnée de référence et comment les statuts circulent sans double saisie.

Sept tests avant la bascule

Le test doit suivre une commande de bout en bout, puis vérifier la cohérence entre document, transmission réglementaire, paiement et comptabilité.

  • Émettre une facture B2B France avec SIREN et adresse de livraison distincte.
  • Produire les données quotidiennes d’une journée de ventes B2C France.
  • Qualifier une vente à distance dans l’UE et vérifier le traitement OSS éventuel.
  • Traiter une commande hors UE avec devise et identifiant fiscal disponible.
  • Rapprocher vente marketplace, commission, encaissement et reversement.
  • Exécuter retour partiel, avoir et remboursement sans perdre l’historique.
  • Recevoir une facture fournisseur et traiter un rejet de transmission.
  • Voir aussi le profil commerçant

Sources officielles